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30/08 Dakhla -> Nouadhibou - 432 km
Nuit épouvantable passée
sous les rafales de vent qui manquaient à tout moment de faire
s'envoler la tente. Dakhla est en fait sur une presqu'île de 40
km et le vent y souffle continuellement, toute l'année, mais
ça on ne le saura que le lendemain, hélas, si non on se
serait arrêtés ailleurs.

Serions nous les seuls à descendre
en Mauritanie aujourd'hui ?
Pas un chat sur la route entre Daklha
et Fort Guerguarat, frontière marocaine et là bas...
Juste une petite file de 4 – 5 véhicules qui attendaient
pour passer. Naturellement nous étions la seule voiture
classique entre les gros Land Rover, Land Cruiser ou Patrol
hollandais, allemands et français.

Fort Guerguarat, poste frontière
marocain

L'attente est longue en plein soleil,
surtout quand on a rien à manger...
Après s'être
ensablés
(première fois) dans le no mans land de 2 km entre le Maroc et
la Mauritanie (miné paraît-il)
nous sommes finalement arrivés aux
« poste frontière»
Mauritanien sur les coups de 16h. Pourquoi tant de temps perdu ? Tout
simplement parce que nous avons eu le malheur d'arriver à
12h15 à la douane Marocaine et vu qu'entre 12 et 15h c'est la
pause repas / sieste, la frontière est fermée... Plus
personne ne passe, dans une sens comme dans l'autre. Pendant que les
4x4 se faisaient un bon gros repas nous nous sommes partagés
une boite de calamars d'apéro espagnole et une misérable
boite de 3 sardines, nos dernières provisions. On s'en
souviendra du repas à Fort Guerguarat...

Le no man's land... Il ne s'agit pas de se
tromper de piste.
Quel contraste avec la douane marocaine, ici on fait les formalités dans des cabanes en planches qui servent aussi d'habitation aux douaniers. Le mobilier se résume à deux lits et une table servant de bureau. Il doit y avoir 50 mouches au m², dégueulasse :D
C'est là, dans le trou du cul du monde, que je vais trouver le moyen de rencontrer un gars qui habite à 2 km de chez moi en France. Il descend régulièrement des véhicules et du matos, ça vaut mieux que de travailler à l'usine n'est ce pas ?
Il y a un nombre incalculable de changeurs d'argent, tenanciers d'auberges qui veulent tous que nous allions chez eux, c'est lourd. Nous ne sommes pas mécontents de terminer les formalités et de pouvoir reprendre la route vers Nouadhibou qui se trouve à 40 km de goudron tout neuf !
Nouadhibou est une ville récente
(seulement une trentaine d'années) et construite de façon
totalement anarchique, à la limite du bidonville, c'est
impressionnant. Les voiture sont dans un état lamentable,
certaines R12 (voiture nationale avec la 190D) n'ont même plus
de portes, d'autres plus de freins ni de phares et pourtant... elles
roulent encore. On apprendra plus tard qu'ici le code de la route
n'existe pas, on file la pièce à un fonctionnaire et le
lendemain on a le permis de conduire.

Bus mauritanien lambda : Un 307D sans
phares, sans pare chocs et... Auquel il reste un rétro et
quelques vitres pour une fois !

Une Renault 12 en "bon état",le
coffre ne ferme plus mais il reste encore les phares arrières...
Notez l'absence totale de rétroviseur, de toute façon
personne ne sait à quoi ça sert là bas... les
rétros.
Monnaie nationale : l'ouguiya, le premier billet de 100 ouguiya équivalant à 2 francs ! C'est un peu déconcertant au début mais on s'y fait vite. Il est plus intéressant de faire du change au marché noir que dans les banques, allez savoir pourquoi.
Nous avons eu droit à 3 coupures
générales d'électricité dans la
soirée
d'environ un quart d'heure mauritanien comme nous dira Momo, le
patron de l'auberge, le quart d'heure mauritanien pouvant durer une
heure, deux, c'est selon. Quoi qu'il en soit ici c'est parfaitement
normal, les gens allument les bougies et la vie continue comme si de
rien n'était. Celle que j'ai le plus mal vécu s'est
produite au cyber café. Il faut déjà entre 3 et
5 minutes pour afficher une page (un modem 56k pour 20 pc !) alors
quand le courant coupe quand elle est pratiquement chargée...

Centre ville de Nouadhibou, vu du toit de
l'auberge...

De l'autre côté...
Mais non ici c'est normal ça
aussi, quand le courant coupe au cyber tout le monde sort en
attendant que ça revienne, on fait le thé, on se crame
une clope ce qui donne l'occasion de discuter un peu avec les locaux.


Voilà ce qu'on a entendu de nombreuses fois...
En parlant des coupures générales intempestives :
« Eh oui, vous vous avez l'argent, nous on a le temps »
Discussions d'ordre général :
« En Mauritanie on a peut être pas grand chose mais ce qu'il y a de géniall c'est qu'on peut faire N'IMPORTE QUOI ! Il y aura jamais personne pour te faire chier ! »
Là il faut bien reconnaître qu'ils ont raison, c'est fou comme on se sent libéré de savoir que personne ne va nous emmerder, qu'on ne va croiser aucun flic jouant au cow boy... Fantastique !
Et demain... le désert nouadhibou -> Nouakchott, 500 km dont une partie non encore goudronnée.